Courbet censuré : “l’Origine du monde” (1866) novembre 20 2009
Infos : , ajouter un commentaire
L’analyse que vous allez lire, portant sur le célèbre tableau L’Origine du monde (1866) de Gustave Courbet, a déjà été publiée sur ce même blog il y a un an environ. Mais quelque mois plus tard je m’apercevais que cet article avait disparu… censuré par l’hébergeur de ce blog. J’en tire trois conclusions. Premièrement qu’Internet n’est pas un média aussi libre qu’on le dit. Ensuite que Courbet – qui appartient au mouvement réaliste – a si bien réussi son coup que les censeurs du XXIe siècle ont pris ce tableau pour une photo pornographique. Enfin je constate, comme je le disais déjà dans l’analyse, que près d’un siècle et demi après sa réalisation, ce tableau dérange encore. Moralement, esthétiquement et politiquement. D’ailleurs comme le rappelle Fabrice Masanès dans son livre sur le peintre (Courbet, Taschen, 2006) : « L’Origine qui présente un “tronc”, les jambes écartées, est la réponse la plus sincère, lorsque les conventions du nu artistique revêtent tout d’un voile pudique ou suggestif. (…) Cette sincérité ne pouvait être vue sans occasionner la gêne. C’est la raison pour laquelle le tableau demeura jusqu’à son entrée au musée d’Orsay [en 1995] très peu visible, dissimulé aux regards des curieux par ses différents propriétaires ». Car oui, ce tableau est révolutionnaire (esthétiquement et politiquement) tout comme son auteur qui fut, je le rappelle, l’un des leaders de la Commune de Paris et qui le paya cher (emprisonné, ruiné, exilé). Pour toutes ces raisons, j’ai décidé de rééditer cette analyse, au risque qu’elle soit une fois encore censurée…
[oups ! le tableau a encore une fois été effacé !… à peine deux heures après son édition… je vous invite donc à le consulter sur le Net en tapant “L’Origine du monde” sur Google…]
Analyser une publicité novembre 19 2009
Infos : , ajouter un commentaire
La pub est partout, c’est une évidence. Tous les jours ce sont des dizaines, voire des centaines de messages publicitaires que nous recevons, la plupart du temps sans qu’on nous en laisse le choix (comme sur ce blog par exemple…). Les images sont donc omniprésentes dans notre quotidien (affiche, magazine, cinéma, télé, Internet, jeux-vidéo, téléphone portable…). Or l’Education Nationale n’a pas encore, semble-t-il, vraiment intégré cette donnée. Ce que l’on apprend à l’école c’est surtout à étudier les textes littéraires, rarement les images… Bref, il me semble que savoir lire les images est un impératif majeur de ce 21e siècle. Pourquoi ? Tout simplement pour rester libre de ses choix, de ses goûts et de ses envies. Et pour éviter d’être manipulé (par les informations télévisées par exemple). En somme pour acquérir un esprit critique plus affuté. Mais aussi, accessoirement, pour maitriser la grammaire des images afin de produire soi-même des images.
Analyse d’une photographie : “La fille à la fleur” de Marc Riboud (1967) octobre 29 2008
Infos : , 2commentaires
Voici une photographie de presse vue et revue. Une image-symbole, une icône des sixties, une évocation emblématique de la génération hippie. Une jeune fille fait face à une rangée de soldat en armes avec, comme seule défense, une fleur à la main. Bien sûr l’événement a son importance et, selon toute vraisemblance, la jeune fille a parfaitement conscience de la portée symbolique de son geste. Mais cela ne suffit pas à justifier la notoriété de l’image. Des actions spectaculaires jouées devant les objectifs des journalistes il s’en joue beaucoup et souvent, mais très peu atteignent une telle perfection. L’intérêt spécifique de ce document n’est donc pas tant à chercher du côté du geste que dans l’image. Reste à définir comment cette photographie crée du sens. Autrement dit, comment le photographe – et non la manifestante – crée le symbole.
Analyse d’une photographie : “Felix, Gladys et Rover” d’Elliot Erwitt (1974) octobre 28 2008
Infos : , 1 commentaire
Quelle drôle de photo ! Et quel chien étrange ! Voilà les premières réactions que peut susciter ce cliché tout à la fois étonnant, comique et bizarre. Il s’agit d’une photographie d’Elliott Erwitt qui s’est fait, entre autres, une spécialité d’immortaliser le meilleur ami de l’Homme (voir son livre Quelle vie de chien). Photographie singulière donc, au titre d’ailleurs tout aussi cocasse, qui tout à la fois amuse et surprend. Mais d’où nait cette « drôle étrangeté » ? Assurément du point de vue. Nous allons ainsi montrer que si cette image est comique et incongrue c’est certainement parce qu’elle parvient à réinventer notre regard d’humain sur le monde canin.
Analyse d’une photographie : “Derrière la gare Saint-Lazare” de Henri Cartier-Bresson (1932) octobre 28 2008
Infos : , ajouter un commentaire
Une silhouette fugitive court au-dessus d’une grande flaque d’eau. Nous sommes en 1932 aux alentours de la gare Saint-Lazare. Cartier-Bresson était à l’affût pour immortaliser l’instant. Résultat une photographie énigmatique et célébrissime. Mais pourquoi cette image figure-t-elle parmi les plus connues du photographe ? Qu’est-ce qui se joue ici dans cette image ? Et quel sens donner à cette scène ? C’est ce que nous allons tenter d’élucider en montrant comment à travers l’irruption de la poésie dans une scène de la vie quotidienne Cartier-Bresson illustre la spécificité du médium photographique, à savoir le fameux « instant décisif ».
Analyse d’une pochette de disque : “Nevermind” de Nirvana (1991) octobre 28 2008
Infos : , ajouter un commentaire
Un bébé nu dans une piscine nageant vers un billet de un dollar accroché à un hameçon. La pochette est aussi célèbre que l’album qu’elle illustre, Nevermind, révélation rock et plus gros succès de l’année 1991 qui dévoila au monde un nouveau son, le « grunge », un groupe, Nirvana, et son compositeur génial Kurt Cobain. L’histoire ressemble à un conte de fée, mais tourne vite à la tragédie. Le chanteur ne supporte pas la pression et, en 1994 en pleine gloire, se donne la mort à tout juste 27 ans. A l’origine du drame un sérieux malentendu. Cobain se considérait comme un punk et un authentique rebelle. Or, à l’occasion de son deuxième album, le trio eut le malheur de se compromette avec une major compagny pour signer un album au son trop pop et trop propre, Nevermind. Le succès fut aussi soudain qu’inattendu et aussitôt renié. Mais le mal était fait. Aujourd’hui reste un album incontournable et une pochette culte (imaginée par Kurt Cobain) qui, avec le temps, fait figure de sombre présage.
Analyse d’une photographie : “Downtown New York” de Henri Cartier-Bresson (1947) octobre 28 2008
Infos : , 1 commentaire
Un homme est assis à même le sol dans une ruelle sombre, seul face à un chat. Henri Cartier-Bresson a intitulé cette photographie « Downtown New York » (centre de New York). Il aurait pu la titrer « une ruelle sombre de New York » ou « une âme perdue dans New-York ». Or, il a choisi une autre légende qui nous oblige à voir dans cette scène une évocation de la ville et un symbole. Et c’est ainsi qu’il faut lire ce portrait. Le photographe propose ici sa vision de New York et, de la sorte, délivre un point de vue subjectif, un commentaire personnel, loin des images touristiques habituelles sur la « grosse pomme ». Nous allons ainsi voir comment, à travers l’évocation du gigantisme de la ville et la solitude d’un homme, Cartier-Bresson brosse un portrait critique de la société moderne.