La révolution nue (doc, 2008, 28′) avril 10 2009
Infos : , rétrolienLa révolution nue : enquête sur le mouvement « NAK » (Nature Against Kapital), film documentaire de Régis Dubois (2008, 28 min.)
Genre : docu-fiction d’anticipation
Résumé : Un journaliste enquête sur un mouvement révolutionnaire dont le mode d’action consiste à manifester nu. Face au succès de ce phénomène, les autorités prennent des mesures de répressions disproportionnées qui encouragent une partie des militants à se radicaliser.
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Sélectionné au Festival du cinéma militant d’Aubagne en octobre 2008.

Note d’intention : Ce film est un docu-fiction militant qui entend dénoncer la censure et la répression qui entoure le mouvement NAK (Nature Against Kapital). Né spontanément au début des années 2000, ce phénomène s’est largement répandu à travers le monde pour connaître une très grande popularité, d’abord en Allemagne puis aux USA et en Australie, et enfin dans toute l’Europe, mais aussi depuis peu en Asie. Il s’agit d’un mouvement révolutionnaire anticapitaliste (altermondialiste) et écologiste qui, face à la dérive du monde (réchauffement climatique, accroissement des inégalités sociales, guerres…), a choisi comme forme d’action le « happening nudiste » afin de susciter des réactions extrêmes, de « choquer le bourgeois », de secouer les consciences et de faire passer un message révolutionnaire. Le corps nu devient ainsi le symbole de la nature démunie face au ravage du capitalisme, mais aussi de la transparence, de la vérité face au mensonge. Notons qu’à la différence des nudistes ou naturistes, les « Nakeds » (ou « Na-Kids » ou « Naks ») s’affichent nus dans les lieux publics pour provoquer des réactions parfois violentes. Idéologiquement leur programme relève tout à la fois de l’esprit Woodstock (« Faites l’amour pas la guerre ») que du rousseauisme (retour à l’état sauvage) et de l’écologie politique (pour la décroissance) mais aussi de l’anarchisme libertaire. Ce « mouvement » n’est pourtant pas un parti, il est totalement spontané, non planifié, non centralisé (ce qui ne nuit en rien à son succès étonnant – bien au contraire). Quant à son projet politique, on peut le résumer en quelques mots : renverser le système capitaliste pour instaurer la décroissance (contre le travail, contre le progrès, contre l’argent).
« L’attentat à la pudeur » est donc la forme d’action et d’expression de ces adeptes. C’est la raison pour laquelle ce mouvement est vite considéré par les autorités comme provocateur, illégal, voire terroriste. De plus en plus de participants aux happenings vont être arrêtés et emprisonnés. Au départ, l’idée des militants était de profiter de la tribune offerte par les médias et les procès pour délivrer leur message. Mais très vite, devant la popularité du phénomène, les gouvernements vont se mettre d’accord pour « étouffer » le mouvement par tous les moyens nécessaires. Censure totale dans les médias (TV, radio, Internet), vote en catimini de lois ultra-répressives, surveillance omniprésente des activistes, arrestations arbitraires, démantèlement des réseaux, instauration de tribunaux spéciaux, emprisonnements illégaux (sous des motifs frauduleux comme outrage aux bonnes mœurs, exhibitionnisme, harcèlement, viol et même pédophilie, mais aussi pour association de malfaiteurs, détention et trafique de drogue – en fait, de cannabis).
Face à la violente offensive des gouvernements, le mouvement tend à se scinder en deux courants. L’un, modéré, continue à prôner la non-violence comme forme d’action dans le but d’aménager la société en conservant ses institutions. L’autre, radical, entend développer des stratégies bien plus extrêmes : mise à nu forcée de bourgeois pris au hasard dans la rue ou de personnalités politiques reconnues, scène de baise en public, agression sexuel, viol… Pour les plus extrémistes, il s’agit ainsi de revenir à un complet état sauvage en détruisant tout ce que la société a élaboré depuis l’antiquité (morale, religion, lois…) pour entraver les instincts naturel de l’homme.
Ce film se présente comme une enquête sur ce « phénomène ». L’argument du journaliste tient au fait que si l’on en entend peu parler c’est parce que précisément les gouvernements font tout pour étouffer et minimiser l’impact de ce mouvement – même si parfois des images leur échappent (comme par exemple lorsqu’un supporter nu fait irruption sur un stade à l’occasion d’une retransmission en direct).
Politiquement, ce film comporte deux messages : le premier est d’imaginer ce qu’il se passerait si un tel phénomène apparaissait. Sans nul doute que les gouvernements réagiraient très violemment (comme cela a déjà été le cas dans l’histoire lorsqu’un mouvement révolutionnaire est devenu populaire). Le second message de ce film concerne la manipulation par l’image. Comment savoir si ce que l’on voit dans les médias est vrai ?
Ce projet s’inspire de diverses expériences filmiques existantes, d’Opération lune de William Karel notamment (qui développe la thèse selon laquelle l’homme n’a pas marché sur la lune en 1969, ceci pour dénoncer les dangers de la manipulation par l’image) mais aussi de Punishment Park de Peter Watkins (qui imagine une répression violentes des mouvements révolutionnaires en 1971). D’autres films, par leur construction ou leur thème ont encore inspiré ce projet : The Weathermen, Les Idiots, L’Armées des 12 singes…
