Festival Black Revolution janvier 22 2009
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Du 4 au 10 février 2009 au Cinéma l’Écran (Paris, Saint-Denis 93200), avec Melvin Van Peebles, Charles Burnett, Billy Woodberry, Lech Kowalski, Jean-Louis Comolli, Marc Marder, Julien Sévéon, Janine Euvrard, Catherine Ruelle, Anne Crémieux, Régis Dubois…
Au programme : Beaucoup de raretés et de films inédits : The Symbol of the Unconquered d’Oscar Micheaux ! (que je présenterai samedi 7/2 à 14h), des “classiques” comme The Cool World de Shirley Clarke, Sankofa de Haile Gerima ou Beat Street de Stan Lathan, des hommages (Haile Gerima et Charles Burnett), des avant-premières (dont Confessionsofa Ex-doofus-itchyfooted Mutha de Melvin Van Peebles), une nuit Blaxploitation…
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Violeurs, eunuques et étalons blacks : Evolution de la masculinité noire dans le cinéma américain janvier 21 2009
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Durant la première moitié des années soixante-dix, l’Amérique assiste à un véritable déferlement de films « noirs » coïncidant avec l’accession inédite de nombreux Afro-américains aux professions du cinéma (acteurs, réalisateurs, scénaristes). C’est ce que l’on a appelé le phénomène « blaxploitation » (contraction des mots « black » et « exploitation »). Estimées à plus d’une centaine pour la période qui s’étend de 1970 à 1975, ces œuvres hollywoodiennes ou indépendantes destinées en premier lieu au public noir (réalisées par des Noirs et des Blancs), s’apparentent le plus souvent à des films bon marché voués à l’action, à la violence, à l’horreur et à la sexualité. Qu’il s’agisse de films de gangsters, de comédies, de westerns ou de films de karaté, toutes ces productions partagent certains traits particuliers : distribution presque exclusivement noire, esthétique urbaine de série B, omniprésence de musique funky et, surtout, importance d’un discours ethnocentriste inspiré du courant « black power »[1].
Censure et cinéma janvier 17 2009
Infos : , ajouter un commentaireMARDI 20 JANVIER 09 à partir de 20h

Soirée spéciale autour de “censure et cinéma” : Projection du film de Herbert Biberman LE SEL DE LA TERRE, 1953, 1h35, NB, VO (sous-titrage français).
La soirée sera présentée par Régis Dubois, auteur de l’essai Hollywood, cinéma et idéologie. Sa présence sera l’occasion d’une signature à la librairie l’Odeur du Temps, ce même mardi 20 janvier, à partir de 19h00. Dakiling, 45a, rue d’Aubagne, 13001, Marseille. Ent : 4€
Rencontres/débats avec Régis Dubois janvier 16 2009
Infos : , ajouter un commentaireSamedi 16 janvier 20h30 à L’institut de l’image (8-10 rue des Allumettes, Aix-en-Pce) autour de Black Liberation (E. De Laurot, 1967) et Black Panthers (A. Varda, 1968). Mardi 20 janvier 20h30 au Daiki Ling (45 rue d’Aubagne, Marseille 1er) autour du Sel de la Terre (H. Biberman, 1954), débat précédé d’une signature autour de mon livre Hollywood, cinéma et idéologie (Sulliver, 2008) à la librairie L’Odeur du temps (35, rue Pavillon, Marseille 1er). Vendredi 23 janvier à L’institut de l’image à 18h20 autour de Punishment Park (P. Watkins, 1971) et à 20h30 autour de Soy Cuba (M.Kalazotov, 1964). Jeudi 29 janvier 18h30 au cinéma Ciné 89 (Place Jean Moulin, Berre L’étang) autour de Serpico (S. Lumet, 1973).
Les Stars et le star-système en France janvier 12 2009
Infos : , ajouter un commentaireUn livre de Ginette Vincendeau (éditions L’Harmattan, collection « Champs Visuels étrangers », 2008, 312 p. 28,50 euros).
L’ouvrage de Ginette Vincendeau est tout simplement passionnant et brillant. Brillant et passionnant par son approche originale, par son érudition et par son écriture claire, simple et dense à la fois. Les Stars et le star-système en France s’inscrit dans la tradition des Cultural studies anglo-saxonnes et plus particulièrement dans les Star studies, disciple initiée outre-Atlantique par Richard Dyer (voir son ouvrage Stars paru en 1979 et traduit dans la même collection en 2004 sous le titre Le Star-système hollywoodien, suivi de Marilyn Monroe et la sexualité). Les Star studies consistent essentiellement à analyser l’impact des acteurs célèbres sur les œuvres dans lesquelles ils jouent mais aussi sur la société en général. Comme l’explique Vincendeau : « Mon but est d’analyser le jeu et le type de personnages joués par les grandes stars du cinéma français, ainsi que la signification de leur persona sur un plan socioculturel tout en prenant en compte l’esthétique des films » (p. 9).
Bienvenue chez les prolos : le cinéma populaire français et la lutte des classes janvier 8 2009
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« La question de la culture […] est absolument et incontestablement une question politique » (Stuart Hall) [1].
Au printemps dernier, Bienvenue chez les Ch’tis créait la surprise générale en se hissant au sommet du box-office français, engrangeant quelque vingt millions d’entrées en salle, devançant ainsi La Grande vadrouille indétrôné depuis 1966. Plus d’un français sur trois, tout âge confondu, est allé voir le film de Dany Boon au cinéma. Autant dire qu’avec la sortie DVD et les futures diffusions télévisées, plus d’un Français sur deux l’aura vu. Comment alors expliquer un tel succès que certains n’hésitent pas à qualifier de « phénomène de société » ? La promotion ? Elle est bien moindre qu’Astérix 3 par exemple. Une critique journalistique favorable ? Rien n’est moins sûr, la condescendance voire le mépris de la presse élitiste étant une constante en la matière. La présence de stars au générique ? Si peu. Il me semble que ce qui a fait le succès du film c’est avant tout le fameux « bouche à oreille ». Et je dirais même que c’est surtout les classes populaires qui ont creusé la différence et qui ont largement contribué à faire de Bienvenue chez les ch’tis un succès historique. Car l’on sait qu’elles se rendent habituellement peu au cinéma, comparé aux classes supérieures [2], et que c’est à partir du moment où elles se pressent en masse dans les salles obscures que l’on peut véritablement parler d’un succès au box-office. Un succès populaire donc dans tous les sens du terme.
La classe ouvrière va à Hollywood janvier 6 2009
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C’est entendu, les prolétaires sont très peu représentés dans le cinéma hollywoodien. Il suffit de comparer la production étasunienne et la filmographie soviétique pour prendre toute la mesure de cette invisibilité du working class hero américain. Et pourtant, le mouvement ouvrier aux Etats-Unis est une réalité, en témoigne les nombreuses grèves, parfois meurtrières, qui ont ponctué son histoire. Mais Hollywood a tout simplement choisi d’ignorer cette donnée. Bien sûr, la raison en est fort simple : l’usine à rêve est d’abord la vitrine du « rêve américain », autrement dit de la société sans classe. Et évoquer la réalité ouvrière ce serait admettre qu’au pays de l’american way of life il existe des classes sociales, autrement dit des pauvres et des riches… Pour autant, le cinéma américain n’est pas tout à fait exempt de prolétaires, mais ceux-ci ne sont le plus souvent que des alibis idéologiques, des “Autres” en sursis et des Américains middle-class en devenir.
Les fondements historiques de la « Monoforme » janvier 6 2009
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En 2003 le cinéaste britannique Peter Watkins, auteur entre autres des subversifs La Bombe (1966), Punishment Park (1971) et La Commune (2000) faisait paraître l’ouvrage Media Crisis, un essai de réflexion théorique sur ce qu’il nomme la « Monoforme » des MMAV (Mass Medias Audio-Visuels). Par « Monoforme » le cinéaste indépendant entendait ainsi dénoncer « le dispositif narratif interne (montage, structure narrative, etc.) employé par la télévision et le cinéma commercial pour véhiculer leurs messages. C’est le mitraillage dense et rapide de sons et d’images ; la structure, apparemment fluide mais structurellement fragmentée, qui nous est devenue si familière. Ce dispositif narratif est apparu lors des premières années de l’histoire du cinéma avec le travail novateur de D. W. Griffith et d’autres qui ont développé des techniques de montage rapide, d’action parallèle, d’alternances entre des plans d’ensemble et des plans rapprochés… » (Media Crisis, p. 36-37). Watkins fait ainsi remonter la naissance de la « Monoforme » au cinéaste D.W. Griffith, considéré comme le père du langage cinématographique, autrement dit aux années dix. Essayons donc de remonter le fil de l’histoire pour comprendre comment s’est peu à peu constituée et imposée cette monoforme audiovisuelle.
Martin Scorsese, l’infiltré janvier 3 2009
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Martin Scorsese est aujourd’hui un auteur incontournable du paysage cinéphilique mondial. Couronné à la fois par l’industrie hollywoodienne (Oscar 2007 du meilleur réalisateur et du meilleur film pour Les Infiltrés) et par la critique européenne « auteuriste » (nommé président du Festival de Cannes en 1998, invité d’honneur à l’inauguration de la nouvelle cinémathèque française en 2005), sans compter les nombreuses publications dont il a fait récemment l’objet (de Patrick Brion à Michael Henry Wilson en passant par Schaller et Trosset)[1] le cinéaste italo-américain connaît depuis le début de la décennie une consécration unanime. Ce qui m’a intéressé d’explorer ici, et que peu d’écrits ont tenté de faire, c’est d’analyser l’œuvre scorsesienne à la lumière des tensions sociales qui la traversent. Autrement dit, j’ai l’infime conviction qu’à travers l’interprétation de ses acteurs fétiches (Harvey Keitel, Robert De Niro et plus récemment Leonardo Di Caprio), véritables doubles cinématographiques du cinéaste, Scoresese n’a de cesse d’évoquer dans ses films son parcours de « déraciné », à la fois social (parce qu’issu d’un milieu populaire) et culturel (parce que d’origine italienne). Je vois en effet la violence scorsesienne, si caractéristique de son style, comme l’expression privilégiée d’une « déchirure sociale » qui ne dit pas son nom. Vue sous cet angle, il me semble que l’œuvre du cinéaste prend un sens tout particulier qui, sans être véritablement politique, n’en demeure pas moins un précieux témoignage social émanant d’un « déclassé ». (more…)